Comment démarrer un compost : le guide pratique complet
Sommaire
- Pourquoi se lancer dans le compostage ?
- Composteur, tas ou lombricomposteur : que choisir ?
- Où installer son composteur ?
- Déchets verts et déchets bruns : l’équilibre azote / carbone
- Comment démarrer un compost étape par étape ?
- Ce qui se composte et ce qui ne se composte pas
- Aération, humidité et lutte contre les odeurs
- Quand et comment utiliser le compost mûr ?
En bref : pour démarrer un compost, choisissez un contenant adapté à votre espace (composteur, tas ou lombricomposteur), installez-le à mi-ombre et à même la terre, puis alternez les déchets verts (azote) et les déchets bruns (carbone) sur une base de 2 volumes de brun pour 1 de vert. Aérez toutes les 2 à 4 semaines, gardez une humidité d’éponge essorée et vous obtiendrez un compost mûr en 6 à 12 mois. Depuis 2024 le tri des biodéchets est obligatoire pour tous, ce qui rend le compostage plus utile que jamais.
Pourquoi se lancer dans le compostage ?
En France les biodéchets représentent environ un tiers du poids de notre poubelle. Autrement dit près d’un tiers de ce que nous jetons pourrait nourrir un composteur plutôt que partir à l’incinération. Composter permet de réduire ses déchets ménagers, de limiter les allers-retours à la déchetterie et de fabriquer gratuitement un engrais naturel de grande qualité pour le potager, les massifs ou les plantes en pot.
Le geste a aussi pris une dimension réglementaire. Depuis le 1er janvier 2024 le tri à la source des biodéchets est généralisé à tous les foyers en application de la loi anti-gaspillage. Chaque collectivité doit proposer une solution (composteur individuel, bornes de collecte ou composteur partagé) et le compostage domestique reste la manière la plus simple et la plus économique de s’y conformer.
Composteur, tas ou lombricomposteur : que choisir ?
Il n’existe pas un seul bon composteur mais une solution adaptée à chaque situation. Voici les trois grandes familles.
- Le composteur fermé (bac). En plastique recyclé ou en bois, c’est le format le plus courant au jardin. Il conserve la chaleur, protège les matières de la pluie et reste discret. Le bois respire mieux et s’intègre au décor, le plastique est compact et économique. Comptez un volume de 300 à 600 litres pour une famille.
- Le compost en tas. Le plus simple et le plus gratuit : on empile les matières à même le sol dans un coin du jardin. Idéal si vous avez de la place et beaucoup de déchets verts mais moins esthétique et plus exposé au dessèchement.
- Le lombricomposteur. La version urbaine du compostage, parfaite en appartement ou sur un balcon. Des vers de fumier transforment les épluchures en un compost très riche et en un engrais liquide. Sans jardin, c’est la meilleure porte d’entrée et, bien géré, il ne dégage aucune odeur.
Où installer son composteur ?
L’emplacement semble anodin mais il conditionne la réussite. Quelques repères simples suffisent.
- À mi-ombre : ni plein soleil (le tas sécherait) ni ombre totale. Un coin abrité garde une température et une humidité stables toute l’année.
- À même le sol : le contact avec la terre laisse entrer vers de terre et micro-organismes qui font le travail de décomposition. Posez le bac sur de la terre nue, pas sur une dalle.
- Pas trop loin de la cuisine : en plein hiver, personne n’a envie de traverser tout le jardin avec un bol d’épluchures. Un accès facile évite de renoncer.
- À l’abri du vent : pour conserver l’humidité et éviter que les feuilles mortes ne s’envolent.
Évitez de coller le composteur directement sous un arbre : les racines envahissent le tas et la chute des feuilles déséquilibre les apports.
Déchets verts et déchets bruns : l’équilibre azote / carbone
Voilà le principe central du compostage. Un bon équilibre azote / carbone repose sur l’alternance de deux familles de matières :
- Les matières vertes (azotées), humides : épluchures de fruits et légumes, tontes de gazon fraîches, marc de café, restes de repas végétaux, fleurs fanées.
- Les matières brunes (carbonées), sèches : feuilles mortes, carton brun non imprimé, branches broyées, paille, copeaux de bois, papier journal froissé.
La règle d’or : 2 volumes de brun pour 1 volume de vert. Trop de vert et le compost devient humide et malodorant. Trop de brun et la décomposition traîne pendant des mois. Ayez toujours une réserve de feuilles mortes ou de carton à côté du bac pour rééquilibrer après un gros apport de cuisine.
Comment démarrer un compost étape par étape ?
La mise en route conditionne toute la suite. Suivez ces quatre étapes pour bien démarrer un compost.
- Posez une base drainante. Avant les premières épluchures, déposez au fond une couche de 10 à 15 cm de branches broyées, de copeaux ou de paille. Cette assise laisse circuler l’air et évite l’eau stagnante.
- Alternez vert et brun. Ajoutez vos matières par couches en respectant l’équilibre 2 pour 1. Coupez les gros morceaux : plus ils sont petits, plus la décomposition est rapide.
- Donnez un coup de pouce au démarrage. Une poignée de compost mûr, de bonne terre de jardin ou de fumier apporte d’emblée les micro-organismes qui lancent la machine.
- Vérifiez l’humidité. Le compost doit être aussi humide qu’une éponge bien essorée. Trop sec, arrosez légèrement ; trop humide, ajoutez des matières brunes et mélangez.
Ce qui se composte et ce qui ne se composte pas
Beaucoup d’hésitations viennent de là. Ce tableau récapitule ce qui se composte sans souci et ce qu’il faut absolument éviter.
| À mettre au compost | À éviter |
|---|---|
| Épluchures de fruits et légumes | Viande, poisson, os |
| Marc de café et sachets de thé (sans agrafe) | Produits laitiers et fromages |
| Tontes de gazon et feuilles mortes | Restes gras ou cuisinés en sauce |
| Carton brun non imprimé, essuie-tout | Plantes malades ou traitées |
| Fleurs fanées, marc de fruits | Mauvaises herbes montées en graine |
| Coquilles d’œuf écrasées | Tailles de conifères et agrumes en grande quantité |
| Branches broyées, paille, copeaux | Cendres de charbon, matières traitées chimiquement |
Aération, humidité et lutte contre les odeurs
Un composteur bien géré demande peu de temps mais quelques réflexes. Trois gestes suffisent à garder un tas sain.
- Aérer régulièrement. Retournez le tas toutes les 2 à 4 semaines avec une fourche ou un aérateur. L’oxygène nourrit les micro-organismes, accélère la décomposition et évite les mauvaises odeurs.
- Surveiller l’humidité. Un tas trop sec ralentit, un tas détrempé fermente. Ajustez avec un arrosage léger ou une poignée de matières brunes.
- Garder l’équilibre vert / brun. C’est la meilleure prévention contre les problèmes.
Une odeur désagréable est toujours un signal. Une odeur d’ammoniac ou de pourri trahit un excès de vert ou d’eau : ajoutez du brun et aérez. Pour éviter les nuisibles (rongeurs, mouches), ne compostez jamais viande, poisson ni restes gras, enterrez les apports de cuisine sous une couche de brun et gardez le couvercle en place. Un bac fermé à fond grillagé décourage les rongeurs.
Quand et comment utiliser le compost mûr ?
Comptez 6 à 12 mois selon la saison, la taille des déchets et la fréquence des retournements. Un compost mûr est reconnaissable : couleur brun foncé, texture friable de terreau, odeur agréable de sous-bois et matières d’origine devenues méconnaissables.
On l’utilise de plusieurs façons :
- En amendement : incorporez-le superficiellement au potager ou aux massifs à l’automne ou au printemps, à raison de 3 à 5 litres par mètre carré.
- En paillage nutritif au pied des arbustes et des légumes.
- En terreau pour les semis ou le rempotage, mélangé à parts égales avec de la terre.
Un compost encore grossier mais bien avancé peut servir de paillis, il finira de mûrir directement au sol. Vous bouclez ainsi la boucle : vos déchets nourrissent votre jardin, qui produit à son tour de nouveaux biodéchets à composter.
Questions fréquentes
Faut-il un jardin pour composter ?
Non. Le lombricomposteur permet de composter en appartement ou sur un balcon sans odeur. De nombreuses communes installent aussi des composteurs partagés au pied des immeubles, une solution pratique pour respecter l’obligation de tri des biodéchets sans espace extérieur.
Le compost sent-il mauvais ?
Un compost équilibré sent l’humus et le sous-bois, jamais le pourri. Une mauvaise odeur signale toujours un déséquilibre : trop de matières vertes, trop d’eau ou un manque d’aération. Ajoutez des matières brunes, mélangez et l’odeur disparaît en quelques jours.
Combien de temps pour obtenir du compost mûr ?
En général de 6 à 12 mois. Le délai se raccourcit si vous coupez finement les déchets, si vous retournez le tas régulièrement et si l’équilibre azote / carbone est respecté. Un lombricomposteur peut produire plus vite, en quelques semaines à quelques mois.
Le compostage est-il vraiment obligatoire ?
Depuis le 1er janvier 2024 le tri à la source des biodéchets concerne tous les foyers. Le compostage domestique n’est pas la seule solution mais c’est la plus simple pour s’y conformer, aux côtés des bornes de collecte et des composteurs de quartier mis en place par les collectivités.