Écologie

Comment récupérer l’eau de pluie pour arroser le jardin

Sommaire
  1. Pourquoi récupérer l’eau de pluie au jardin ?
  2. Récupérateur aérien ou cuve enterrée ?
  3. Comment collecter l’eau depuis la gouttière ?
  4. Filtration et lutte contre les moustiques
  5. Quel volume prévoir pour son jardin ?
  6. Usages autorisés et réglementation
  7. Entretenir son récupérateur d’eau de pluie

En bref : pour récupérer l’eau de pluie et arroser votre jardin, il suffit de brancher un récupérateur d’eau de pluie (aérien ou enterré) sur une descente de gouttière équipée d’un collecteur filtrant. Comptez environ 200 à 1 000 litres pour un petit jardin, davantage avec une cuve enterrée. Une bonne filtration et un couvercle évitent les débris et les moustiques. L’eau de pluie, douce et non calcaire, est idéale pour le potager et les plantes en pot. L’arrosage extérieur est autorisé sans déclaration mais tout usage intérieur reste encadré par la réglementation.

Pourquoi récupérer l’eau de pluie au jardin ?

L’eau de pluie est une ressource gratuite, douce et peu minéralisée. Contrairement à l’eau du robinet souvent calcaire, elle possède un pH légèrement acide qui favorise la floraison et la croissance des végétaux. Elle limite les chloroses et convient parfaitement aux plantes sensibles comme les agrumes, les hortensias ou les plantes de terre de bruyère.

Les avantages sont concrets :

  • des économies sur votre facture d’eau, surtout l’été où l’arrosage pèse lourd ;
  • un stock d’eau disponible même en cas de restriction d’arrosage ;
  • un geste écologique qui limite le ruissellement et la pression sur les nappes ;
  • une eau à température ambiante, mieux tolérée par les racines qu’une eau froide.

Un récupérateur capte en moyenne 80 à 90 % de l’eau qui ruisselle de la toiture. Sur un toit de 100 m², vous pouvez collecter plusieurs dizaines de mètres cubes par an selon votre région, de quoi couvrir une large part des besoins du jardin.

Récupérateur aérien ou cuve enterrée ?

Le choix dépend de votre place, de votre budget et du volume à stocker.

Le récupérateur aérien (hors-sol) est la solution la plus simple et la moins chère. On le pose au pied d’une descente de gouttière, sur une base plane et stable. Les modèles courants vont de 200 à 1 000 litres. L’eau sort par gravité grâce à un robinet en partie basse : plus la cuve est haute, plus la pression est forte. Inconvénient, il faut le vider avant les premières gelées pour éviter que le gel ne le fissure.

La cuve enterrée vise les gros volumes, de 1 000 à 10 000 litres et plus. Invisible, elle ne défigure pas le jardin et reste utilisable en hiver puisqu’elle est à l’abri du gel. En revanche, elle demande un terrassement et l’installation d’une pompe pour remonter l’eau sous pression. Le polyéthylène est le matériau le plus répandu : léger, durable et recyclable.

Il existe aussi des citernes souples, à glisser sous une terrasse ou dans un vide sanitaire, un bon compromis quand la place au sol manque.

Comment collecter l’eau depuis la gouttière ?

Le cœur du système est le collecteur de gouttière, un raccord posé sur la descente qui dérive l’eau vers la cuve et stoppe automatiquement le remplissage une fois pleine. Le trop-plein repart alors dans le réseau d’évacuation habituel.

Les grandes étapes d’une installation aérienne :

  • préparez une surface plane et solide (dalle, parpaings) pour surélever la cuve ;
  • repérez la hauteur du collecteur sur la descente, puis sciez la gouttière à cet endroit ;
  • emboîtez le collecteur filtrant et raccordez-le à la cuve avec le tuyau fourni ;
  • posez le robinet en bas de la cuve et vérifiez l’écoulement du trop-plein.

Vous pouvez relier plusieurs cuves en cascade : le trop-plein de la première alimente la suivante, ce qui maximise la réserve. Placez le récupérateur au plus près du potager pour limiter les déplacements et éviter de tirer de longs tuyaux.

Attention à la nature de la toiture : évitez de collecter l’eau d’un toit en toile goudronnée ou en matériaux bitumés, qui contiennent des hydrocarbures. Vérifiez aussi que vos gouttières ne comportent ni plomb ni amiante-ciment.

Filtration et lutte contre les moustiques

L’eau de pluie n’est pas pure : elle transporte poussières, pollens, feuilles et fientes. Une première filtration est indispensable pour ne pas boucher la cuve et le robinet. Installez une crapaudine (grille) à l’entrée des gouttières et privilégiez un collecteur à filtre intégré qui retient les débris.

Pour éviter que la cuve ne devienne un nid à moustiques, appliquez quelques règles simples :

  • gardez la cuve hermétiquement fermée par un couvercle ou une moustiquaire fine sur chaque ouverture ;
  • choisissez un récupérateur opaque ou placez-le à l’ombre pour freiner algues et prolifération ;
  • videz régulièrement l’eau en l’utilisant pour l’arrosage, une eau qui circule stagne moins.

Pour l’arrosage du jardin, aucune stérilisation n’est nécessaire. En bord de mer en revanche, l’eau de pluie peut contenir du sel marin que certaines plantes tolèrent mal.

Quel volume prévoir pour son jardin ?

Le bon volume dépend de la surface à arroser et de la pluviométrie locale. À titre indicatif :

  • jardin de moins de 50 m² : 150 à 500 litres par cycle d’arrosage ;
  • jardin de 50 à 100 m² : 500 à 1 500 litres ;
  • potager gourmand ou région sèche : visez une réserve de plusieurs semaines, donc une cuve enterrée.

Une règle pratique consiste à viser une réserve couvrant environ trois semaines d’arrosage. En zone peu pluvieuse, mieux vaut surdimensionner : l’investissement se rentabilise vite dès qu’on arrête d’arroser à l’eau potable.

Usages autorisés et réglementation

À l’extérieur, l’usage de l’eau de pluie est libre : arrosage du jardin et du potager, lavage de la voiture, remplissage d’un bassin. Aucune déclaration n’est requise pour un simple récupérateur relié à la gouttière.

À l’intérieur, la réglementation est stricte. L’eau de pluie peut alimenter les toilettes, le lavage des sols et, sous conditions de traitement, le lave-linge. Elle est en revanche interdite pour la douche, la vaisselle et bien sûr la boisson. Tout raccordement intérieur impose un réseau strictement séparé du réseau d’eau potable et une déclaration en mairie. Renseignez-vous aussi auprès de votre commune, certaines proposent des aides à l’installation.

Entretenir son récupérateur d’eau de pluie

Un entretien régulier garantit une eau saine et un système durable :

  • nettoyez les gouttières et la crapaudine au printemps et à l’automne ;
  • rincez le filtre du collecteur plusieurs fois par saison ;
  • videz et nettoyez le fond de la cuve une fois par an pour retirer les dépôts ;
  • pour une cuve aérienne, videz-la avant l’hiver afin d’éviter le gel ;
  • vérifiez robinet, joints et pompe éventuelle en début de saison.

Questions fréquentes

Peut-on arroser un potager avec de l’eau de pluie ?

Oui, l’eau de pluie est même idéale pour le potager. Douce et peu minéralisée, elle est bien mieux tolérée par les légumes que l’eau calcaire du robinet. Une simple filtration des débris suffit, aucune stérilisation n’est nécessaire pour l’arrosage.

Faut-il une autorisation pour installer un récupérateur d’eau de pluie ?

Non, pour un usage extérieur relié à la gouttière, aucune autorisation ni déclaration n’est requise. La déclaration en mairie ne devient obligatoire qu’en cas de raccordement à un usage intérieur (toilettes, lave-linge).

Comment empêcher les moustiques dans le récupérateur ?

Fermez la cuve hermétiquement avec un couvercle ou une moustiquaire fine sur toutes les ouvertures, privilégiez un modèle opaque à l’ombre et utilisez régulièrement l’eau pour éviter qu’elle ne stagne trop longtemps.

Quelle taille de cuve choisir pour un petit jardin ?

Pour un jardin de moins de 50 m², un récupérateur aérien de 300 à 500 litres suffit généralement. Au-delà de 100 m² ou en région sèche, orientez-vous vers 1 000 litres ou une cuve enterrée pour tenir plusieurs semaines sans pluie.

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