Jardin

Comment faire son compost maison : le guide complet pour débuter

Tout comprendre en un coup d’œil :

  • Le compost transforme vos déchets de cuisine et de jardin en amendement naturel gratuit
  • Quatre méthodes selon votre espace : tas, bac, lombricomposteur ou solution d’appartement
  • La clé est l’équilibre entre matières vertes azotées et matières brunes carbonées
  • Un compost sain demande une aération régulière et une humidité maîtrisée
  • Le compost mûr sent le sous-bois et s’emploie toujours mélangé à la terre

Pourquoi faire son compost maison ?

Composter, c’est transformer une part importante de ses ordures en une ressource utile pour la terre. Une large part de nos poubelles est en effet constituée de déchets organiques qui pourraient retourner au sol au lieu de finir incinérés ou enfouis. En les valorisant chez vous, vous réduisez le volume de vos déchets et vous limitez le gaspillage.

Le compost obtenu enrichit le sol en matière organique et en humus. Il améliore la structure des terres lourdes qu’il allège, aide les sols sableux à mieux retenir l’eau et favorise la vie microbienne. C’est un amendement précieux qui nourrit la terre plutôt que la plante directement. Depuis la généralisation du tri à la source des biodéchets, disposer d’une solution de compostage est aussi devenu un geste du quotidien à la portée de tous.

Quelles sont les différentes méthodes de compostage ?

Il n’existe pas une seule bonne façon de composter. Le choix dépend surtout de la place dont vous disposez et de votre mode de vie.

Le compostage en tas

C’est la méthode la plus simple et la plus ancienne. Vous rassemblez vos déchets directement sur le sol, dans un coin du jardin. Elle convient aux grands espaces et aux volumes importants de déchets verts. Le tas reste au contact de la terre, ce qui laisse les vers et les micro-organismes remonter librement. En revanche il est plus exposé aux intempéries et demande un peu de surveillance pour ne pas se dessécher.

Le compostage en bac

Le composteur en bac, en bois ou en plastique, permet de mieux maîtriser le processus. Il limite les odeurs, garde la matière à l’abri de la pluie et donne un aspect plus rangé au jardin. C’est un bon compromis pour les jardins de taille moyenne. Posez toujours le bac directement sur la terre pour que la faune du sol y ait accès.

Le lombricomposteur

Le lombricomposteur ou vermicomposteur, est pensé pour l’intérieur : appartement, balcon ou cuisine. Il fonctionne grâce à des vers de compost qui digèrent les déchets organiques et les transforment en un humus très riche. Il se présente sous la forme de bacs superposés, percés au fond et couverts. C’est la solution idéale quand on n’a pas de jardin.

Composter en appartement sans lombricomposteur

Si le lombricomposteur vous rebute, d’autres options existent en ville. Le bokashi, par exemple, est un seau hermétique qui fait fermenter les déchets de cuisine à l’aide de micro-organismes, sans odeur et dans un petit volume. De nombreuses communes installent aussi des composteurs de quartier partagés où déposer ses biodéchets. Renseignez-vous auprès de votre collectivité pour connaître les solutions près de chez vous.

Que peut-on composter et que faut-il éviter ?

Le secret d’un bon compost tient d’abord à ce qu’on y met. La règle générale est d’alterner deux grandes familles de matières.

Les matières vertes azotées, humides et fraîches, apportent l’azote et l’humidité :

  • Épluchures de fruits et de légumes
  • Marc de café et sachets de thé
  • Tontes de gazon en petite quantité
  • Restes de fruits et fleurs fanées
  • Coquilles d’oeufs broyées

Les matières brunes carbonées, sèches, apportent le carbone et la structure qui aère le tas :

  • Feuilles mortes
  • Petits branchages broyés et tailles de haies
  • Carton brun et papier non imprimé
  • Sciure et copeaux de bois non traité
  • Coquilles de fruits secs

Certains déchets sont à proscrire ou à réserver aux composteurs bien maîtrisés : viande, poisson et os qui attirent les nuisibles, produits laitiers, plats cuisinés gras, huiles, plantes malades, litières d’animaux ou encore végétaux traités chimiquement. Les gros morceaux ralentissent aussi la décomposition : plus vous coupez fin, plus le processus est rapide.

Comment équilibrer l’azote et le carbone ?

La réussite du compost repose sur l’équilibre entre matières vertes et matières brunes. En pratique, on vise autant de brun que de vert en volume, en alternant les apports par couches successives.

Si le mélange penche d’un côté, mieux vaut un léger excès de matières brunes : elles peuvent composer une bonne moitié à deux tiers du volume sans poser de problème. Un compost trop riche en matières vertes devient compact, humide et se met à sentir mauvais. À l’inverse, un excès de matières brunes ralentit simplement la décomposition sans risque. Des plantes comme l’ortie ou la consoude font de bons activateurs naturels si vous voulez relancer le processus.

Comment entretenir son compost au fil des mois ?

Faire du compost ne se limite pas à entasser des déchets et attendre. Un suivi léger mais régulier fait toute la différence. Deux paramètres demandent votre attention.

L’aération

Les micro-organismes qui décomposent la matière ont besoin d’oxygène. Sans air, la fermentation devient anaérobie et dégage de mauvaises odeurs. Remuez donc votre compost toutes les deux semaines environ à l’aide d’une fourche ou d’un brass-compost. Ce brassage répartit aussi l’humidité et relance l’activité biologique.

L’humidité

Le tas ne doit être ni trop sec ni détrempé : une bonne référence est celle d’une éponge essorée. En période sèche, arrosez légèrement et couvrez la surface de paille ou de carton pour retenir l’humidité. S’il est trop humide, ajoutez des matières brunes sèches pour rééquilibrer.

Comment utiliser son compost mûr ?

Après environ six mois à un an selon la méthode et la saison, le compost arrive à maturité. Vous le reconnaissez à sa couleur brun foncé, sa texture homogène et son odeur agréable de sous-bois. Les déchets d’origine ne sont plus reconnaissables.

Un simple tamisage permet d’éliminer les éléments les plus grossiers, que vous renvoyez dans le composteur pour finir de se décomposer. Le compost mûr s’utilise ensuite de plusieurs façons :

  • En surface au pied des plantes, des arbustes et des légumes, en le griffant légèrement dans les premiers centimètres de terre
  • Mélangé à la terre du potager avant les plantations
  • En paillage nourricier qui protège le sol et limite l’arrosage
  • Bien mûr et tamisé, comme base pour préparer vos semis

Rappelez-vous que le compost est un amendement et non un terreau : il s’emploie mélangé à la terre, jamais pur.

Quelles erreurs éviter quand on débute ?

Quelques faux pas reviennent souvent chez les débutants. Les connaître vous évite bien des déconvenues :

  • Mettre trop de matières vertes d’un coup, ce qui rend le compost compact et malodorant
  • Oublier d’aérer, ce qui asphyxie les micro-organismes
  • Laisser le tas se dessécher totalement, ce qui stoppe la décomposition
  • Ajouter des déchets interdits comme la viande, les produits laitiers ou les plantes traitées
  • Ne pas broyer les gros morceaux, qui mettront des mois à disparaître
  • Vouloir utiliser un compost encore jeune, riche en éléments qui peuvent gêner les jeunes plants

Le compostage reste un processus naturel et tolérant : même avec quelques erreurs, la matière finit toujours par se transformer. En observant régulièrement votre tas et en ajustant l’équilibre, vous obtiendrez un compost de qualité saison après saison.

Le récap express :

  • En cas de déséquilibre, privilégiez un léger excès de matières brunes carbonées
  • Broyer et couper les déchets accélère nettement la décomposition
  • Viande, produits laitiers et plantes traitées sont à proscrire du composteur
  • Comptez six mois à un an pour obtenir un compost prêt à l’emploi

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